A ceux qui souhaitent voir des films avec une critique personnelle et bien faite, je conseille d'aller voir les blogs de Ffred, Armelle, Corsu61 et Mymp ainsi que les autres amis qui sont sur la colonne à droite de mon blog, car je n'ai rien à me mettre sous la dent en ce moment, ni le temps d'aller au cinéma, ni le temps de regarder la télé. Voici pour ma part une nouvelle histoire inventée d'Amédée et Gontran.
Amédée et Gontran ont fêté Noël et ma foi, ils ont tellement ri, mangé et bu accompagnés de leurs amis Perrette, Philomène et Adhémar qu'ils se sont réveillés le lendemain matin la tête lourde, les mains gelées et l'estomac en haut de la glotte.
Il faisait froid dans la maison, chacun d'eux ayant sombré dans un sommeil tellement profond qu'il n'avait pu charger en bois son gros poele. Il faisait -5°C dehors, le givre s'était plaqué sur les fenêtres... Un temps à se recoucher si une furieuse envie de faire pipi ne les avait obligés à se lever.
Et il fallait bien se lever quand même puisqu'à midi Adhémar les invitait à son tour dans sa maison cossue... à l'idée de vérifier leurs prédictions selon lesquelles une idylle était plus qu'en train de naître entre Perrette et lui, chacun se mit à faire du feu, mit de la chicorée et du café dans la cafetière, se coupa une tranche de gros pain en plusieurs morceaux pour le faire tremper dans le café et se décida à émerger.
Les cadeaux ayant été échangés la veille après la messe de minuit, il était prévu qu'ils arrivent simplement à l'heure, sans rien apporter. Pour une fois, Amédée alla toquer chez Gontran qui était prêt, s'était tellement bien rasé qu'il s'était un peu coupé, les joues rouges comme une pomme d'été.
Et durant tout le trajet, ils tentaient de mettre au point une stratégie afin de s'assurer que le poisson avait gobé la mouche : en fait, si le baiser sous le gui de la veille entre Adhémar et Perrette qui n'avait cessé de se tortiller en riant bêtement sur sa chaise allait faire long feu.... ou pas.
C'est donc avec les yeux luisant de rire et d'interrogation, que nos deux compères arrivèrent devant la grande maison d'Adhémar. Cour parfaitement goudronnée, sapins bordant le chemin de chaque côté, symétrie, ordre, luxe (enfin, par rapport à eux), tout y était. Et ils se demandaient quand même avec un soupçon d'inquiétude comment cette pauvre Perrette, si simple, pourrait s'y accoutumer. Ils décidèrent de parier.
Amédée : si ça se fait, je te donne un cochon
Gontran : ouh, et si ça ne se fait pas, je te donne mon ânesse mais je suis tranquille, ça se fera.
Ils appuyèrent sur la sonnette qui émettait le son de la cloche de Big Ben et furent introduits dans cette maison aux couleurs chaudes, fleurant bon la dinde farcie, dans une pièce bien chauffée, où était déjà assise Philomène.... mais point de Perrette.
Dix minutes passèrent, puis vingt minutes... Adhémar passa un doigt dans le col de sa chemise et commença à pâlir mollement.
Amédée : JE CROIS BIEN QUE JE VAIS AVOIR TRES VITE BESOIN D'UNE ANESSE POUR PORTER LE BOIS DE LA GRANGE A LA MAISON....
Gontran : més carat ! C'est pas possible, elle doit avoir une biscoueyte !
Amédée : ET JE DIS, MOI, QUE JE CROIS BIEN QUE JE VAIS AVOIR TRES VITE BESOIN D'UNE ANESSE POUR..
Adhémar : mais pourquoi parles-tu si fort, Amédée ? Nous ne sommes pas sourds ! Mais que fait donc Perrette ?
Amédée : Des châteaux en Espagne, peut-être ????
Philomène : mais tais-toi, vieil imbécile ! tè ! La voilà... ooooooouuuuuuhhhh ! Hé bé dis donc ! Elle a mis ses habits du dimanche !
Amédée et Gontran lorgnèrent derrière le carreau et virent arriver avec force beaux atours et maquillage une Perrette telle qu'ils ne l'avaient jamais vue... car ils la voyaient toujours fort simple entourée de ses poules, de ses vaches et de ses pots au lait. Elle avait dénoué ses cheveux qui semblaient aussi lisses que ceux de la Belle au Bois Dormant.
Gontran : JE SENS QU'ON VA ME DONNER bientôt UN BEAU COCHON !
Adhémar, exaspéré et tout frétillant à la fois, les fit taire d'un claquement de langue et ouvrit la porte au moment même où Perrette sonna... trébucha sur le seuil et lui tomba dans les bras.
Mais gêné par le spectacle qu'ils offraient ainsi aux autres alors même qu'il n'avait pas déclaré sa flamme, Adhémar se redressa et fit entrer Perrette non sans rire sottement, si sottement qu'Amédée fut pris de quintes de toux lorsque le fou rire le gagna.
De temps à autre, Adhémar et Perrette sursautaient légèrement et se tortillaient en gloussant sur leurs chaises. Amédée et Gontran avaient prévu de les aider un peu dans leur entreprise en leur faisant du pied sous la table... Amédée pour Perrette et Gontran pour Adhémar... quand ils n'en pouvaient plus, ils faisaient tomber leur serviette pour rire sous cape en la ramassant mais après le dessert, ils en furent pour leurs frais. Ils furent invités à attendre le digestif dans de profonds fauteuils autour de la cheminée tandis qu'Adhémar invitait Perrette à aller admirer ses portraits de famille... à l'autre bout de la maison !
Surveillés par Philomène qui les avaient vus venir depuis belle lurette, ils râlaient en silence, sans même pouvoir se lever pour aller écouter derrière une porte ou regarder derrière un carreau mais au bout d'une demi-heure, quand Adhémar et Perrette revinrent l'air de rien, ils se levèrent et prirent congé, l'air faussement digne, non sans avoir remarqué que les cheveux de la belle n'avaient plus rien de lisse, qu'une jolie bague scintillait à sa main gauche qu'elle cacha derrière son dos, ... et qu'Adhémar était barbouillé de rouge à lèvres.
Adhémar : mes amis, je vous remercie pour cette magnifique fête de Noël et je vous invite dès à présent pour le réveillon du Nouvel An. Ce sera une fête très spéciale.
Amédée et Gontran s'en retournèrent chez eux en ayant toutefois l'impression qu'ils avaient raté un morceau de film.Ils aimaient bien voir les gens « conclure ».
Amédée : ah putain ! J'ai perdu un cochon dans l'affaire
Gontran : COCHON QUI S'EN DEDIT !
Décidément, il fut très beau ce Noël... et le jour de l'An se révélait prometteur : à défaut de pouvoir voir Claude GIRAUD en vrai , ça ne pouvait être que.... des fiançailles ? Affaire à suivre



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